FRANCE-CENTRAFRIQUE-CAMEROUN : Vers une diplomatie de la dépravation des mœurs ?

Date

Depuis des jours, les médias français rapportent le lancement d’une procédure par le Quai d’Orsay contre l’ambassadeur de France en Centrafrique, Bruno Foucher. Ce dernier serait lié à une affaire de mœurs impliquant de dizaines de Centrafricaines. En effet, Bruno Foucher aurait, régulièrement, bénéficié de prestations sexuelles dans ce pays où sa hiérarchie, à Paris, aimerait revenir dans de bonnes grâces du régime en place.

Le 12 mars 2026, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, était en Centrafrique pour renouer le dialogue, espérant challenger la mainmise de la Russie en Afrique centrale (notre photo). Sauf que des médias locaux ont relaté l’échec de cette tentative de rapprochement, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Paris a, longtemps, cru que Moscou ne réussirait pas à soutenir la stabilité de Bangui, la sécurité intérieure de celle-ci ayant longtemps souffert des assauts répétés des groupes rebelles.

La décision prise, l’année dernière, par plusieurs de ces groupes de déposer les armes et de réintégrer la société civile centrafricaine, en marge de la tenue des élections présidentielles de novembre 2025, a rendu le pari de la France perdant quant à l’échec prédit de la politique sécuritaire pro-Russie en Centrafrique. La visite officielle du chef de la diplomatie française en est la preuve même, sinon le quai d’Orsay ne l’aurait, évidemment, pas sollicitée.

Au cours de son séjour, Jean-Noël Barrot s’est permis d’inaugurer un bâtiment dédié aux victimes de violences sexuelles, en soutien de leur cause, 10 ans après les accusations de viols portées contre des soldats français présents dans le pays, mais, a été incapable de remonter les bretelles de son subalterne local, dont les activités rédhibitoires étaient déjà connues. N’eût été la presse locale, Bruno Foucher aurait continué à s’y livrer sous les yeux de ses supérieurs à Paris. 

L’ambassadeur Bruno Foucher dans la tourmente.

D’ailleurs, la triste histoire de Foucher rappelle celle de Christian Hué, ce vice-consul de l’ambassade de France au Cameroun retrouvé mort, en août 2023, dans son domicile de Douala pour des actes similaires. Pour Christian Hué, dont l’enquête n’a toujours pas abouti, malgré l’interpellation d’un suspect, les rumeurs de pédophilie et de proxénétisme relayées par les journaux camerounais sont donc loin d’être démenties, compte tenu des circonstances autour de la mort du diplomate. 

Face à ces deux affaires qui ne sont que l’arbre qui cache la forêt, le silence et l’inaction du Quai d’Orsay sont à relever. Encore plus troublant est le fait que les pratiques effroyables attribuées aux responsables diplomatiques français semblent se concentrer sur les pays d’Afrique centrale souhaitant s’auto-affirmer, à savoir, le Cameroun et le Centrafrique. Le Congo-Brazzaville n’étant, pour l’heure, pas encore concerné par cette diplomatie de la dépravation des mœurs. 

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

More
articles

Laisser un commentaire

×
×

Panier